LES CINQ PRIORITES DES ASSISES TERRITORIALES DE L’AGROECOLOGIE ET DE L’ALIMENTATION
Les 18 propositions de la Déclaration ont été soumises au vote des participants aux Assises
Pendant les Assises, les participants ont été invités à sélectionner les propositions qui leur paraissent prioritaires pour renforcer le pouvoir d’agir des territoires. Le résultat du vote de 472 professionnels des transformations alimentaires et agricoles territoriales fait ressortir 5 priorités :
Rendre transparente la formation des prix, mieux répartir la valeur
et prendre en compte les impacts sociaux, sanitaires et environnementaux
À Lille, la ferme de la Concorde fait vivre l’approche “Une seule santé”
Dans un quartier en renouvellement urbain marqué notamment par des enjeux de qualité de l’air, de bruit et de précarité, Lille articule alimentation, santé, environnement et lien social. Soutenue par un financement de 80 000 € sur trois ans, la démarche s’appuie notamment sur la ferme urbaine : production biologique, accès à des légumes à prix réduit, ateliers avec les habitants et les associations, actions pédagogiques et partenariats avec les professionnels de santé et de l’éducation.
Zoé Brévière – zbreviere@mairie-lille.fr
Avec des moyens dédiés à la coordination, une approche « Une seule santé » peut ainsi mettre en cohérence des actions et des politiques relevant de secteurs différents, au service d’une vision globale de la santé. Pour inscrire cette approche dans la durée, il faut pouvoir coordonner les acteurs et disposer d’indicateurs partagés permettant d’en évaluer les effets.
→ Élaborer les politiques publiques selon une approche « Une seule santé » puis les évaluer selon des indicateurs partagés, en s’appuyant sur la recherche
Rennes Métropole met son ingénierie au service des communes pour faire vivre le Projet alimentaire territorial dans la durée
Dans le cadre de son Projet alimentaire territorial, la métropole finance un accompagnement par des prestataires spécialisés pour les communes volontaires. Celles-ci définissent elles-mêmes leurs besoins, notamment pour améliorer les approvisionnements et réduire le gaspillage alimentaire de leur restauration scolaire, mais aussi pour faire avancer politiques municipales en faveur de l’agriculture et de l’alimentation.
Eléna Bardel – e.bardel@rennesmetropole.fr
En mutualisant des moyens d’ingénierie à l’échelle intercommunale, un PAT peut aider les communes, y compris celles qui disposent de peu de ressources, à passer de l’intention à l’action. Face à des communes dont le niveau d’engagement et les besoins sont très différents, Rennes Métropole a adopté un accompagnement sur mesure, construit à partir des besoins exprimés.
Pour généraliser ce type de dispositif, les territoires ont besoin de financements dédiés, stables et prévisibles pour l’ingénierie et l’accompagnement dans la durée. La continuité des démarches doit également être anticipée, afin que les projets engagés puissent se poursuivre et produire leurs effets.
→ Donner aux territoires les moyens humains, réglementaires et financiers d’agir dans la durée
AgriParis Seine structure des filières alimentaires saines et durables, du local à l’interrégional, en s’appuyant sur les débouchés de la restauration collective
L’association met en relation les acteurs de l’amont et de la restauration collective pour développer les débouchés de produits bio, locaux et durables. L’association accompagne les acteurs dans leurs projets, met en relation et soutient des investissements collectifs. Parmi les réalisations, le démonstrateur territorial Seine nourricière finance, grâce à des fonds France 2030, une trentaine de projets de 20 acteurs économiques intermédiaires, et un GIE de 8 TPE et PME mutualise la commercialisation pour faciliter l’accès aux marchés importants.
Agnès Delefortrie – agnes.delefortrie@agriparisseine.fr
Pour reconnecter production, transformation, distribution et consommation, il faut dépasser les frontières administratives et travailler tous les maillons des chaînes de valeur. Cela nécessite une animation à l’échelle d’un bassin de production et de consommation.
Sécuriser les débouchés et soutenir les coopérations entre acteurs permet de consolider les filières dans la durée et de renforcer leur capacité à fournir une alimentation locale, saine et durable aux habitants.
→ Structurer des filières reconnectant production, transformation, distribution et consommation qui permettent une alimentation locale de qualité pour les habitants et consolident l’économie territoriale
Les Hauts-de-Seine construisent une filière cacao équitable qui relie producteurs haïtiens et consommateurs du territoire
Depuis 2009, le Département accompagne des coopératives de producteurs de cacao en Haïti et travaille avec Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières et des acheteurs, dont Ethiquable et Valrhona, pour améliorer la qualité et ouvrir des débouchés mieux rémunérés. La filière est développée en complément des cultures vivrières, afin de soutenir les revenus sans renoncer à la production pour l’alimentation locale. 7 800 producteurs ont été accompagnés depuis 2009. Le cacao est transformé dans les Hauts-de-Seine et permet de sensibiliser au commerce équitable.
Eleonore Perrier – eperrier@hauts-de-seine.fr
Des échanges commerciaux plus soutenables contribuent à la rémunération des producteurs tout en s’inscrivant dans la souveraineté alimentaire des territoires producteurs. Une coopération internationale peut faire évoluer les pratiques et les réflexions des habitants et de la collectivité.
→ Garantir des échanges commerciaux soutenables pour les producteurs, les mangeurs et l’environnement, compatibles avec une véritable souveraineté alimentaire
Vous êtes déjà nombreux à agir dans les territoires. Pour que ces initiatives puissent changer d’échelle, elles ont besoin d’un cadre national et européen cohérent. Pour contribuer à porter cet appel auprès des décideurs, soutenez la Déclaration, à titre personnel ou au nom de votre organisation.
Retrouvez la Déclaration complète des Assises territoriales de l’agroécologie et de l’alimentation.